Etudier le leadership en Afrique?

Publié le par Amine Idriss Adoum

Etudier le leadership en Afrique Je me suis proposé d’étudier le problème du leadership en Afrique à travers la question suivante : existe-t-il un modèle de leadership propre à l’Afrique? En posant cette question il y a trois semaines, je n’avais pas mesuré les difficultés techniques auxquelles j’allais faire face. La première difficulté est liée au contenu que je devais choisir pour la notion de leadership. Une première recherche à travers le web et dans la littérature spécialisée m’a fait découvrir que les consensus sur le contenu du terme leadership sont peu nombreux. Ensuite, la relation que je cherche à construire entre la situation actuelle de l’Afrique et le modèle de leadership particulier qui pourrait exister dans cette partie du monde, est difficile à définir. Enfin, les notions de compétitivité et de productivité, de même que celles de secteur informel et formel de l’économie en Afrique sub-saharienne, mériteraient à elles seules plusieurs ouvrages. En réalité, je pense que je n’ai pas encore véritablement construit une question de recherche au sens de Buckley et al, résumé par Martin (2008) en ces termes : “What is a research problem? A research problem: 1. must be defined properly, 2. must be posed in solvable terms, 3. must be logically connected to the environment from which it was drawn so that the solution can be applied to that environment. 4. has been screened against existing body of knowledge, i.e., not been solved, 5. has a potential significant contribution” Finalement, je dois reprendre la définition de ma question de recherche. Bien entendu, je compte toujours travailler sur le leadership en Afrique. Les principaux axes de mes recherches sont: La productivité et la compétitivité des entreprises de l’Afrique sub-saharienne (entreprises africaines créées par des promoteurs africains, entreprises multinationales opérant en Afrique sub-saharienne) La productivité et la compétitivité des entreprises du secteur formel Vs celles du secteur informel Le leadership et le management en Afrique Le leadership et les facteurs culturels Les facteurs clés de réussite chez quelques leaders de l’Afrique subsaharienne Plusieurs rapports de la banque mondiale et du FMI affirment que plus de la moitié des populations actives de l’Afrique sub-saharienne vivent grâce aux entreprises du secteur informel. Beaucoup d’entreprises de ce secteur sont réputées innovantes et génératrices de richesses. Beaucoup d’auteurs ont analysé les conditions institutionnelles et environnementales de leurs réussites. Mais pour l’instant, très peu d’auteurs se sont véritablement intéressés aux types de leadership qui sont en cours dans ces entreprises. Pourtant, j’ai la forte intuition que les modèles de leadership mis en route dans ces entreprises constituent de facteurs clés de réussites. Ma démarche pour formuler ma question de recherche sera donc fortement intuitive, au sens de Bruckley repris par Simon. Le cycle de vie de la recherche En termes de méthodologie, je procèderai certainement de la manière suivante : revue de littérature, construction de la question de recherche, construction des hypothèses, enquêtes qualitatives et quantitatives, analyse des résultats et rédaction La revue de la littérature existante sur le thème du leadership et de l’économie en Afrique est une phase importante. Les ouvrages sont plutôt rares, et les articles dont j’ai pris connaissance sont généralement des études comparatives entre les modèles de gestion à l’occidentale et les modèles de gestion dit africains. Je pense qu’une profonde revue de la littérature me permettra de faire un état des connaissances et des opinions actuelles sur le sujet. Ceci me permettra aussi de clarifier les notions que j’ai cités plus haut, et de proposer des définitions précises des concepts que je vais utiliser abondamment : leadership, Afrique sub-saharienne, secteur formels et informels de l’économie, etc. La revue de la littérature sera doublée d’une revue des statistiques économiques et d’entreprises. Les chiffres me permettront de faire des vérifications puis de préciser encore mieux mes interrogations. A la suite de la revue de la littérature, et des vérifications statistiques, je serai sans doute en mesure de proposer des contenus plus plus précis des notions que je compte utiliser. Je pourrai aussi à ce moment formuler des hypothèses plus précises et choisir les outils méthodologiques adéquats pour conduire mes recherches. Mais d’ores et déjà, je suis certain que je ferai des enquêtes quantitatives (dénombrement statistiques, questionnaires) et qualitatives (interviews, observations, groupes de discussions, recherches-actions) pour recueillir des données, collecter des informations, et procéder a des vérifications. Mes enquêtes porteront sur des entreprises formelles, mais aussi informelles. Les interviews s’adresseront aux patrons de sociétés, et aux leaders d’opinion. Dans tous les cas, la revue de littérature et les hypothèses détermineront la méthodologie des enquêtes et le choix des acteurs. Je compte bien travailler comme un chercheur pragmatique, selon les termes de Anthony J. Onwuegbuzie et al (2005). La phase d’analyse des données viendra ensuite. Mais durant cette phase, j’utiliserai aussi encore une fois les statistiques officielles sur les entreprises. Résultats d’enquêtes et données statistiques formeront en fait la matière première de mon étude. En conclusion, les difficultés que j’ai eu pour formuler une question de recherche correcte sont dues : A une littérature insuffisante Des notions et des concepts encore confus Il est important, pour formuler une question de recherche en économie et ee gestion, de procéder à une revue exhaustive de littérature, puis à des analyses de données statistiques. ceci permettra de clarifier les notions de leadership en Afrique afin de construire de meilleurs outils d'analyses. Amine Idriss Adoum Abidjan, le 15 Novembre 2011

Publicité

Publié dans Economie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article