Faut-il avoir peur de la dévaluation du FCFA?

Publié le par Amine Idriss Adoum

Les rumeurs de plus en plus persistantes d'une dévaluation prochaine du FCFA déchaînent les passions sur le web, dans la presse et dans les quartiers d'Abidjan ou de Douala. Les démentis timides des autorités monétaires des zones UEMOA et CEMAC n'arrangent guère les choses et les débats sont de plus en plus tendus. Plusieurs communiqués généraux de la BEAC et de la BCEAO ont tenté pourtant d'expliquer pourquoi techniquement, une dévaluation de la monnaie CFA n'est pas nécessaire pour l'instant. Mais le plus gênant dans cette histoire, c'est le silence incompréhensible d'Allassane Ouattara et de Paul Biya, les deux poids lourds économiques de cette zone monétaire. Si le silence du second n'est guère surprenant (il ne parle pour ainsi dire jamais), celui d'ADO est étonnant. Certains analystes n'hésitent d'ailleurs pas à dire que son silence cacherait peut être  quelque chose.

Mais dévaluation ou pas, beaucoup d'intellectuels africains tentent aujourd'hui de porter le débat sur un niveau plus politique, celui de l'indépendance monétaire de la zone CFA. Et si on profitait de la crise européenne pour libérer totalement le CFA, se demandent-ils. En effet, désarrimer le CFA de l'Euro entraînerait certainement une dévaluation de la première, mais en même temps, ceci permettrait aux banques centrales des zones UEMOA et CEMAC de reprendre le pouvoir monétaire, aujourd'hui conservé et géré depuis Paris.  

Sans vouloir rentrer dans le débat qui fait rage en ce moment entre les tenants du désarrimage et les défenseurs du statut quo,  je pense, à la suite d'un ami, haut fonctionnaire du ministère des finances d'un pays CEMAC, que bien que le désarrimage soit nécessaire à la longue, il pourrait s'avérer dangereux s'il advenait aujourd'hui. Le danger n'est ni technique ni directement économique. Le danger viendrait plutôt des comportements prédateurs des présidents de la zone CEMAC, pour la plupart mal élus et pleinement dictateurs. Une monnaie libre fonctionne bien avec un pays doté d'un gouvernement responsable et respectueux de l'orthodoxie financière.

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Publié dans Economie

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D
"Il n'y a jamais de bonheur sans douleur". Il faut procédé au désarrimage sans crainte , ni peur si nous voulons nous affirmer et démontrer aux yeux du monde que l'Afrique n"est pas dirigée par des<br /> aveugles. " derrière toute difficulté se trouvent des germes de l'opportunité.
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