Le Tchad a-t-il vraiment besoin de ses cadres?

Publié le par Amibiaka

L'Afrique manque-t-elle vraiment de personnes bien formées? La question peut paraître incongrue tant tout le monde s'accorde pour reconnaître que le principal point de faiblesse de l'Afrique aujourd'hui, c'est le manque de personnes bien formées . Le site wordmapper.org par exemple classe l'Afrique bon dernier pour le nombre d'étudiants inscrits dans les universités (en réalité, c'est surtout l'Afrique centrale qui est bon dernier et qui tire le reste de l'Afrique vers le bas). Le même site positionne l'Afrique au bas de l'échelle pour la production scientifique, le nombre d'ingénieurs et le nombre de médecins par rapport à la population. Entre l'Inde et l'Afrique par exemple, il y aurait un rapport de 3 pour 1! Les chiffres, objectifs, décrivent notre pauvreté et font entrevoir que la solution passe par plus de médecins, davantage d'ingénieurs, plus d'enseignants, etc. Le plus se justifie donc par le manque. Mais dans ce cas, comment expliquer que des médecins soient au chômage au Cameroun, au Tchad ou encore en Côte d'Ivoire? Issa, un jeune ingénieur tchadien sorti de 2IE, probablement la meilleure école d'ingénieur d'Afrique francophone, est toujours sans emploi neuf mois après avoir décroché son diplôme. Et Bechir, haut fonctionnaire du ministère des finances tchadien, formé à l'ENA et à Sciences Po Paris, est au chômage depuis plusieurs mois, malgré son expertise reconnue en finances publiques. Quand il s'agit de gaspiller les ressources humaines de leur pays, les tchadiens sont probablement les meilleurs. Les couloirs des ministères par exemple sont pleins de cadres formés en Europe et aux États Unis, mais sous utilisés ou souvent sans fonction aucune. Ces fonctionnaires passent toutes leurs journées à lire les journaux et à siroter du thé, faute de travail. Les hôpitaux sont vides pendant que des médecins sans emplois faute d'intégration passent leurs journées dans les bars. Et le ministère des infrastructures crie au manque d'ingénieurs pendant que les ingénieurs de l'ENTP cassent les cailloux dans les ruelles poussiéreuses de la ville de N'Djamena. Finalement, c'est surprenant et même énervant d'entendre le président Idriss Deby répéter à l'envie qu'il invite les tchadiens travaillant à l'étranger à revenir travailler au pays car "le pays a besoin de vous"! Je me dis qu'il serait quand plus logique de commencer par donner d'abord du travail à ceux qui sont déjà présent au pays et qui sont compétents. Ensuite on verra. Ceux de l'extérieur travaillent déjà et sont bien occupés. S'ils doivent rentrer chez eux pour être "gaspillés" comme on le fait avec ceux qui sont au pays, ça n'a aucun sens. Je les invite à rester à l'extérieur.
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Publié dans Politique

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D
Il faut que les intellectuels africains s'éveillent à la critique constructive. On peut participer au changement dans son pays sans couteaux, mais simplement avec ses idées par la plume.
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