Allasssne Ouattara, l'homme de l'occidenr?

Publié le par Amibiaka

Un ami à qui je faisais remarquer l'inhabituelle célérité de la communauté internationale dans les engagements de financement de l'après-guerre en Côte d'Ivoire m'a répondu que les occidentaux réagissent très rapidement cette fois parce qu'ils ont réussi a placer à la tête de cet État un des leurs. Plus précisément il m'a dit ceci: "c'est leur élément"! Doit-on comprendre lui ai-je répondu, que nous devons tous penser a faire de même, c'est à dire désigner à la tête de États des hommes et des femmes choisis de commun accord avec les occidentaux? Au delà de la simple boutade le cas ivoirien, et l'engagement ferme et autoritaire de la France et des USA dans la gestion de ce conflit ne manque pas de susciter des interrogations tant l'administration française, et aussi bien les USA et l'ONU, nous ont habitué aux positions diplomatiques "neutres", sans risques, mais toujours couteuses en vies pour les zones en conflits civils. Quelles sont les motivations réelles dr la France à Abidjan? Les intérêts économiques ne sauraient justifier à elles seules cette assistance précieuse pour le président Ouattara. Je ne suis pas sur non plus que Nicolas Sarkozy en attendait des retombées diplomatiques sérieuses pour son pays. Des motivations purement humanitaires ont rarement fait agir les occidentaux pour arrêter un conflit en Afrique. D'autre part, l'intervention des soldats français, même dois mandat onusien, renforcera chez une certaine élite africaine le sentiment anti-français déjà de plus en plus perceptible chez les classes moyennes. Doit-on finalement admettre avec certains analystes, que la France est intervenue en Côte d'Ivoire pour des raisons purement stratégiques? La Côte d'Ivoire est le premier pays ex-colonie française d'Afrique d'importance a s'être fermement engagé sur la voie de la déstructuration durable. Le Congo était belge. Le Tchad des années 80 ne comptait presque pas. Mais un plongeon mortel du pays d'Houphouet-Boigny tuerait non seulement la région UEMOA, mais les éclaboussures d'eaux sales auraient très vite contaminées l'autre bastion français d'Afrique, le Cameroun. L'hypothèse d'une autre guerre civile au Cameroun (la première était la guerre contre l'Upc), depuis longtemps prédite par des analystes sérieux, fait froid dans le dos. Un Cameroun déstructurée, c'est surtout un Tchad sur la voie de la somalisation. Et quand on sait l'importance de ce pays dans le dispositif stratégique de lutte contre les terrorismes, on comprendra aisément pourquoi une Côte d'Ivoire instable est une option non envisageable pour Paris. D'autres pensent aussi que la Côte d'Ivoire occupe une place centrale dans le dispositif de contrôle des ressources énergétiques du Golf de Guinée, du Nigeria et de l'Angola en particulier. Si on peut laisser volontiers le contrôle du diamant à quelques gros trafiquants et États voyou, le pétrole est une autre dimension, pas tant à cause de ce qu'il rapporte aujourd'hui que des enjeux stratégiques que sa raréfaction suscite. Contrôler le pétrole, indirectement surtout, est aujourd'hui une obligation stratégique pour toute puissance qui se respecte. On comprendrait alors mieux peut être les réticences des russes et les frustrations exprimées par les indiens le jour suivant les premières frappes des hélicoptères français et onusiens sur la résidence de LG. Finalement, était-ce vraiment dans l'intérêt des ivoiriens d'intervenir pour réglet ce conflit? Je suis convaincu que la réponse est oui. Peu importe les motivations profondes des puissances. Le plus important, c'est que le calme soit revenu, et que pour la première fois depuis vingt ans, Abidjan pourra capitaliser sur l'aura et l'influence d'un homme respecté par les puissants. Aux ivoiriens de savoir profiter d'ADO et de don carnet d'adresses. Pour apprendre eux aussi a gravir les collines de la puissance.

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Publié dans Actu

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